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Sarkozy n’est pas la France et ne le sera jamais de Jean Dornac

13 octobre 2005

par Jean Dornac

(JPEG) La France, celle de beaucoup de Français, est un pays ouvert ; un pays fier d’être à l’origine des Droits de l’Homme ; un pays fier de sa culture humaniste ; un pays fier de son siècle des Lumières ; un pays fier de son ouverture sur le reste du monde.

Mais c’est aussi un pays qui a honte de que fut le gouvernement de Vichy ; des rafles organisées par Vichy ; des expulsions de tant de juifs vers les fours crématoires des nazis, organisées par Vichy ; c’est un pays qui a encore honte, de la colonisation du Vietnam et de l’Algérie ; c’est un pays, pour ceux qui savent, qui a honte de ces deux guerres, qui a honte du comportement des colons et des militaires et des politiciens qui dirigeaient tout cela.

C’est un pays qui, comme partout, hélas, compte une minorité de racistes, cette gangrène des démocraties ; mais c’est un pays qui aime la liberté, qui aime la vie.

C’est un pays qui n’aime plus la guerre, qui n’a que faire de l’esprit militaire, qui n’a que faire de la discipline de « grand-papa », qui n’a que faire et trouve ridicule d’enseigner obligatoirement un chant barbare aux gamins des écoles.

C’est un pays frondeur et, même si nos ancêtres les Gaulois sont un peu loin de nous, c’est un pays qui a gardé l’esprit de révolte. C’est ça la France !

C’est ça que Nicolas Sarkozy n’a pas compris et c’est ce qui le perdra.

Je ne suis pas, vous le savez, vous qui me lisez depuis deux ans, un nationaliste, ni ce qu’on appelle un « patriote ». Non, je suis un homme né, au hasard, en France au début des années cinquante. Ma nationalité est humaine ; ma patrie, c’est la terre. Point.

Je suis, en revanche, attaché à la culture du pays où je suis né ; je suis, ou plus exactement, j’ai complètement adopté l’esprit de révolte permanente des Gaulois, permanente dans le sens où elle reste nécessaire tant que les injustices ne sont pas supprimées.

Je crois profondément, que le peuple français, d’aujourd’hui, dans une large majorité, refuse, rejette, vomit même la politique américaine que veut importer et nous imposer Nicolas Sarkozy.

-  Croyants ou incroyants, nous refusons l’emprise du religieux sur nos vies, contrairement à nombre d’Américains qui en sont prisonniers. Nous sommes, majoritairement, attachés à la laïcité.

-  La guerre contre l’Islam, nous y sommes majoritairement opposés comme nous l’avons montré à propos de l’invasion américaine en Irak.

-  Majoritairement, nous sommes opposés, et c’est catégorique, au néolibéralisme et ses dérives néoconservatrices. Et nous nous y opposerons toujours.

-  Majoritairement, parce que nous aimons la liberté, nous sommes opposés aux dictateurs et à tout esprit dictatorial.

Les actes et décisions de Nicolas Sarkozy ne sont pas les décisions de la France

ce sont les siennes !

Il n’a pas la légitimité d’incarner la France, lui dont la mentalité est à l’opposé de l’esprit français. Les décisions en matière d’immigration qu’il veut prendre, en son nom, ne sont pas les décisions du peuple. Rejeter les immigrés pauvres ; tout faire pour interdire l’immigration d’étrangers malades, sont des décisions d’égoïstes, d’esprit racorni, c’est un esprit petit bourgeois ne voyant que son intérêt de caste.

Ce n’est pas la France !

Sa décision de favoriser l’arrivée des étudiants, plutôt riches, plutôt doués est encore une décision d’égoïste et de calculateur en plus d’être l’image parfaite du colonialiste pillant les pays pauvres forcément méprisés.

Ce n’est pas la France !

Sa décision de « boucler » le pays sous un réseau de caméras chargées d’espionner nos moindre faits et gestes, c’est la décision d’un type qui a peur au plan personnel, tant pour son pouvoir qu’il ne veut pas voir échapper, que pour sa peau.

La peur, ce n’est pas la France et ça ne doit pas devenir la France !

Nicolas Sarkozy n’incarne rien de l’esprit de ce pays.

Aux Etats-Unis, qui adorent ce genre de personnage, sans doute, serait-il bienvenu ; peut-être le serait-il aussi, en Hongrie, le pays de son père. Mais pas ici, sa mentalité n’a rien de commun avec la mentalité de la France.

Par cette mentalité, il met le pays en danger ; danger de fermeture sur soi-même ! Danger de vieillissement précoce de la mentalité française ; danger d’étouffer toute créativité ; danger de « marchandiser » toute vie dans ce pays ; danger de voir notre pays livré aux seuls intérêts de l’empire américain ; danger de briser toute cohésion nationale et sociale.

Par l’esprit de haine qu’incarne sa politique tout comme ses discours, il suscite la levée d’un magnifique groupe de résistants, dont les membres sont de plus en plus nombreux au fil des semaines.

Mais, il suscite également une pléiade de « collabos » qui ne peuvent que réveiller en nous le souvenir de Vichy, de son esprit pourri, de ce gouvernement qui ne représentait que les intérêts de quelques puissants et de quelques « élites » de l’époque.

C’est ainsi qu’on assiste, hélas, trois fois hélas, à l’arrivée de la lâcheté

tel employé de la poste qui prévient la police qu’un sans papier se trouve dans le bureau de poste ; tel proviseur qui offre à la police le « trombinoscope » de tous les élèves de son établissement ; tel employé de préfecture qui prévient la PAF de la présence d’un sans papier dans ses locaux ; tels quotidiens, télés, radios qui encensent sans arrêt les faits et gestes du ministre à l’exemple de ce qui se faisait sous Vichy.

C’est une France qui se déchire : D’un côté, une France lumineuse qui résiste et de l’autre, une France opaque qui collabore.

Avoir désigné cet homme à la tête d’un ministère aussi sensible que l’Intérieur n’est pas une erreur du chef de l’Etat et du Premier ministre, c’est une faute !

Les premiers à payer le prix de cette faute grave, ce sont les immigrés et sans papiers ; ensuite ce sont tous ces jeunes, si nombreux, bousculés, tabassés, pour certains même emprisonnés, diffamés et finalement pillés par une police et une Justice aux ordres au travers du prétexte d’outrage, véritable cadeau aux chasseurs de primes.

Mais la France n’est pas le Far West !

La France, Nicolas Sarkozy, n’est pas l’Amérique et n’a pas vocation à le devenir, pas plus qu’elle n’a vocation à devenir l’une de ses colonies.

L’emblème du pays est et reste le coq...

J’aime cette image. Elle évoque le veilleur, celui qui est chargé de réveiller les dormeurs. Avant tous les autres, il sent poindre le jour. C’est cela, sans doute, la vocation de ce pays, s’il reste fidèle à son esprit : Sa vocation, c’est d’alerter le monde des dérives mortelles et lorsqu’il le peut, de les arrêter net. Nous l’avons fait, le 31 mai dernier. Nous le referons, car je sens, viscéralement, monter les germes de la révolte, les germes du dégoût face à une politique qui n’est pas la politique de la France, qui n’est qu’une politique importée que tentent de nous imposer Nicolas Sarkozy, ses complices et ses admirateurs.

Tous ceux qui aiment la France de la liberté, la France des droits de l’Homme, la France humaniste, ne peuvent que se ranger du côté des résistants et le devenir eux-mêmes.

source : altermonde.le village

Jean Dornac