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Partager Cyber-activistes vs dictateurs par Géraldine Jacot

11 mars 2011

par torpedo

Depuis quelques mois, les cyber- activistes sont sur tous les fronts. Fervents défenseurs de la liberté d’expression, ils étaient au chevet de Wikileaks et sont aujourd’hui aux côtés des insurgés du monde arabe. Sur le devant de la scène, il y a Anonymous et le collectif Telecomix.

C’est une fin d’après-midi froide à Göteborg. J’ai rendez-vous avec Christopher, un cyber-activiste du collectif Telecomix. Créé il y a deux ans par un petit nombre de hackers, d’artistes et d’intellectuels, Telecomix défend l’Internet libre sans surveillance intrusive. « Ce que nous voulons, c’est la neutralité du réseau et que tout le trafic sur Internet soit traité de manière égale », m’explique Christopher.

Nous rejoignons deux membres de Telecomix dans un café de la ville. Cet après-midi, ils se retrouvent pour travailler sur « Operation Libya ». « Actuellement, en Libye, Internet est très souvent coupé. Alors, nous analysons le réseau et nous écrivons des manuels avec des instructions sur les manières de contourner la censure qui a lieu en ce moment. » m’explique Christopher. Pour faire face à la censure, les cyber-activistes indiquent les proxys via lesquels se connecter pour accéder aux sites censurés ou créent des miroirs (streisand.me ) pour que les internautes Libyens continuent à avoir accès aux sites qui sont bloqués. Tous les moyens sont envisagés par Telecomix pour « libérer » l’information. « En Egypte, nous avons même tenté une expérience. Nous avons essayé d’utiliser la radio et de revenir aux bonnes vieilles technologies. Nous ne savons pas encore si ça a vraiment fonctionné car c’est difficile à vérifier, mais nous essayons toutes les options qui s’offrent à nous quand Internet est coupé » m’explique Karin. Les radio amateurs on pu ainsi continuer à communiquer et à acheminer des communications de l’Internet par les ondes radio.

Contrairement aux Anonymous, Telecomix et ses 300 membres ne cachent pas leurs identités. Anonymous, très médiatisé depuis l’affaire Wikileaks, est devenu célèbre pour ses attaques par déni de service distribué (DDoS). Une méthode que Telecomix ne partage pas. « Telecomix n’utilise pas ce genre de stratégie parce que ces attaques sont illégales dans la plupart des pays. Personnellement, je pense que ce n’est pas toujours une bonne stratégie parce que dans certains cas, vous pouvez endommager le réseau » explique Christopher.

Et lorsqu’on aborde le cyber-activisme et les dérives possible, Christopher répond : « je pense que promouvoir la liberté d’Internet, ça ne peut jamais être un échec ».

Après des opérations en Tunisie, en Egypte, en Iran, en Algérie, au Yémen et en Libye, Christopher, Magnus et Karin cherchent déjà le prochain dictateur à faire tomber.

source :http://www.nouvo.ch

torpedo