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Le brasier de l’instant recueil de poèmes de Richard Sourgnes

13 septembre 2008

par torpedo

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Kor Ates Ani

Nous si petits

La lune est une rognure d’ongle En plein ciel égarée L’éclat des astres morts ressemble au clin d’oeil de l’éternité Dans l’immobile et froid chaos nous sommes deux grains de sable terne Mais nos coeurs battent nos coeurs chauds et nous entremêlons nos doigts et tes yeux dans le noir pour moi brillent comme des lanternes

Corridor

C’est comme si tu enfilais un corridor interminable avec mille pièces qui donnent dedans Les recoins les plus éloignés cachent des ombres qui remuent recroquevillées sur elles-mêmes Elles t’ont montré leurs tâches blêmes et puis ennuyées, déçues ont incliné leur tête vers le jour immobile derrière les rideaux

Note de l’Editeur

On peut imaginer Richard Sourgnes au volant d’une berline filant à toute allure vers le lieu où il doit enquêter pour le compte d’un journal de province. Son rédacteur en chef l’a prévenu, il faut faire vite. Richard Sourgnes connaît la rengaine depuis le temps où il a décidé de faire ce métier en mettant sa verve et ses mots au service des autres. Mais cette fois, Richard a décidé de désobéir et de prendre une route plus risquée, celle encombrée des méandres de son imaginaire.

Coupant le moteur, il se plante au bord du lac, son lac intérieur pour y pêcher des créatures hybrides et crépusculaires, zébrées de jaune ou de rouge. Enfin libre, il patauge en des contrées méphitiques et nous rapporte des frissons de papier, apeurés ou inquiets. Ses métaphores somptueuses, ses images évocatrices et ses mots justes nous plongent dans un brasier poétique noir où une paire d’yeux brille comme des lanternes, celles de l’amour. Pour l’article qu’il doit rendre, le poète a trouvé ce titre merveilleux « La lune est une rognure d’ongle »

Richard Sourgnes né il y a déjà longtemps dans le Midi, vit en Lorraine depuis plus de trente ans. Il a eu la chance d’y fonder une famille. Il écrit pour gagner sa vie -comme journaliste au Républicain Lorrain- mais aussi pour le fun, et parce-que c’est encore plus difficile que le trapèze volant.

Gûl IIbay est née à Kars (Est de la Turquie). Titulaire d’un doctorat en lettres modernes obtenu à l’université de Nancy, elle vit en France depuis 1981. Auteure de "Récits de vies, portraits de femmes", membre de la rédaction de la revue littéraire Olusum/Genèse et a été Présidente de l’association Ataturquie pendant dix ans. Editions ATATURQUIE

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