Retour au format normal


e-torpedo-le webzine sans barbelés
A qui sert la démocratie ?
un billet d’Andy Vérol

10 octobre 2007

par torpedo

(JPEG)

Illustration ROZOR

La question du traité dit « simplifié » est fondamentale, et pourtant nous n’en avons reçu qu’un traitement plus que partiel. La plupart des citoyens qui n’ont ni l’envie ni le temps de chercher à comprendre ce traité n’ont eu droit qu’à des informations partielles. Nous apprenions ainsi que notre gesticulateur de président avait relancé l’Europe, qu’il avait permis de débloquer la situation. Ce n’est pas faux. Même si la chancelière allemande semble agacée par l’autosatisfaction sarkozyste, il n’en reste pas moins vrai que ce président a fait un forcing considérable pour faire passer une constitution européenne bis.

Afin d’étayer mon propos, lisez ces points de vue éloquents de quelques éminences grises européennes : "Constitution bis : les dirigeants européens se réjouissent."

On revient donc sur le sens du mot « rupture » chez Sarkozy.

Il semble que pour lui, ce mot signifie une seule et unique chose : le libéralisme absolu envers et contre le suffrage universel. Nous apprenons donc que ce traité n’est que la reprise, façon illisible, de la constitution. Seuls les plus formés en droit seront à même de comprendre l’ensemble des points intégrés à ce traité. Celui-ci sera voté, remettant clairement en cause la place du citoyen dans cette grande opération de lessivage de cerveaux.

Nombre de français (55% des votants) a dit « non » à la constitution proposée quelques années en arrière. Ne doutons pas que ceux de la gauche ont voté contre la libéralisation de l’Europe, et que ceux de droite ont contesté une perte de souveraineté pour les institutions républicaines et la nation.

Au suffrage universel, les français ont dit « NON ». Et pourtant la France dira d’ici l’année prochaine « OUI ».

Noam Chomsky, grand universitaire américain, met en avant le fait que nous ne vivons pas en démocratie, mais en polycratie.

Ça signifie que le « citoyen » (ce mot perd totalement de son sens) doit choisir entre quelques clans d’autocrates, de dirigeants indéboulonnables.

Au suffrage universel, les électeurs ont dit non, mais leurs dirigeants (politiques, et économiques largement secondés par la propagande que l’on appelle aujourd’hui l’information) ont dit oui. Ce sera donc oui, et le citoyen peut se carrer son bulletin de vote où je pense.

L’Europe sera libérale, non alternative, non démocratique, ou ne sera pas.

Dans ce cas de figure, je me pose une question.

Puisque Sarkozy est revenu de façon très offensive sur le « Non » des français, pourquoi, l’ensemble des citoyens qui n’a pas voté pour lui (46% des votants pour Royal et près de 20% d’abstentionnistes) ne pourrait pas, purement et simplement, revenir sur son élection. Ceci s’appelle un putsch démocratique. A n’en pas douter beaucoup ne suivront pas, mais beaucoup comprennent que ce sera ça, ou « ferme ta gueule ».

-  Andy Vérol

source : Hirsute et Andy Vérol

torpedo