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L’ouvrier qui fait trembler la multinationale : Il faut sauver l’ouvrier Fournès !

24 septembre 2007

par torpedo

de Eric Woljung journaliste au Patriote, Ariège

C’est l’histoire d’un simple ouvrier smicard qui fait trembler une multinationale.

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Elle se passe en ce moment même, et ceux qui cherchent de la lutte concrète sur le terrain feraient bien de dresser l’oreille. Il s’appelle Alain Fournès, et eux c’est le groupe Chargeurs. Nous sommes dans le bassin textile du Pays d’Olmes, en Ariège. Oui, oui, c’est bien en France, au pied des Pyrénées. C’est l’histoire d’un homme qui par son engagement syndicaliste, à su s’élever à un niveau d’expertise sur le fonctionnement de son entreprise internationale tel que les journaliste économiques le consultent pour savoir ce qui se trame chez Chargeurs, le groupe dirigé par Eduardo Malone et Jérôme Seydoux.

Certains de ses propos, au sujet d’une opération de rachat de son usine par une holding étrangère, ont été retranscrits dans la feuille confidentielle, réservée aux boursicoteurs, « La Lettre de l’Expansion ». Et l’analyse de l’ouvrier aurait fait chuter l’action Chargeurs. Son employeur appelle ça une « faute lourde ». Ils ont donc tout simplement décidé de virer l’ouvrier trop bien informé.

Pour ceux qui veulent venir, la manif de soutien c’est lundi 24 septembre 2007, devant l’usine Avelana, à Lavelanet, en Ariège donc. Il y aura là ses camarades de la Cgt, ceux du collectif de gauche qu’ici on appelle EGAL 09. Les socialistes qui tiennent la ville enverront, peut-être, un message personnel de soutien...

Il y a longtemps que la politique a abdiqué.

Quand un simple ouvrier fait vaciller un géant économique et vient troubler l’ordre établi, on peut appeler ça un événement rare, sinon majeur, dans notre société.

Un ouvrier qui comprend le système et le dénonce, qui se retrouve pris au sérieux par les journalistes de la presse économique, évidemment, ça n’est pas prévu dans les plans des financiers. Les rois ont oublié qu’ils peuvent être matés par un simple pion.

Un ouvrier comme Alain Fournès, ça fait son grain de sable, et va savoir si ça va pas faire en plus école.

Un ouvrier, ça ne parle pas aux journalistes économiques.

Lorsqu’un ouvrier s’affranchit de la peur, de la paresse intellectuelle et de la facilité que le système économique attend de lui, il devient une sorte de masse imprévue dans les rouages subtils et bien huilés du système.. C’est le cas d’Alain, dont les interventions télévisées restent dans les mémoires, à toutes les époques de la chute de l’industrie textile. Et c’est lui qui est encore là, dans l’un des derniers ateliers français.

-Quelle est cette tête qui dépasse et qui gêne ?

Quand en plus il revendique sa fierté d’être un ouvrier, le passé laborieux et spécialisé de son savoir faire, il s’élève alors au rang de symbole de la mise au pas générale. La Dépêche du Midi ne s’y est pas trompée, même elle, qui titrait mercredi : « Avelana veut licencier Alain Fournès. » Et on ne peut pas les soupçonner d’extrémisme ceux là.

Un symbole individuel face à la globalisation marchande.

Ceci, nul dirigeant d’une branche quelconque de l’hydre économique internationale ne peut le tolérer, sous peine de voir son organisation s’humaniser un brin, et donc, de son point de vue, de s’affaiblir.

Lorsque le peuple asservi s’approche trop du niveau de connaissances de ceux qui l’utilisent, il menace réellement les privilèges de l’élite. C’EST POURQUOI NOUS DEVONS SOUTENIR ALAIN FOURNES.

Quand l’ouvrier conscient cherche à savoir pour combien de dollars , d’euros ou de dinars il a été vendu, on lui répond qu’il ne vaut rien et on l’expulse du terrain de manœuvres.

Ainsi le groupe Chargeurs, qui pèse 226 millions d’euros en bourse (18 m€ de bénef cet année), veut-il éliminer l’ouvrier Fournès, coupable d’intelligence, qui pèse un smic par mois ! L’ouvrier qui a fait chuter l’action Chargeurs. C’est possible ! Une voie d’avenir ?

Enfin, il faut soutenir Alain Fournès, parce qu’en vrai syndicaliste, il s’est assez élevé pour comprendre les manœuvres de ses dirigeants, tout en restant solidaire de ses camarades.

-  De : Eric Woljung vendredi 21 septembre 2007

source : Bellaciao

torpedo