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Elections Législatives 2007 :
La nausée

12 juin 2007

par Jean Dornac

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Illustration Rozor

Assister sans rien pouvoir faire au suicide politique de tout un peuple... Il sait qu’il vient de sceller son sort, et il en rit ! Comme une âme ensorcelée, ayant tout oublié du passé, il se réjouit de sa mort prochaine, celle qu’il vient de se programmer...

C’est mon sentiment au lendemain du premier tour des législatives et ça me donne la nausée.

Ce peuple, cette partie non négligeable des électeurs, ce peuple ramolli par trop de consommation, par trop de propagande télévisuelle, par trop de peurs tous azimuts, ce peuple endormi par un langage trompeur et hypocrite, ce peuple est bon pour l’esclavage que veulent lui imposer ses nouveaux maîtres qu’il s’est choisi lui-même.

Cette part du peuple d’électeurs vient de poser la tête de « Marianne » sur le billot.

« Marianne » ne croit plus en ses enfants.

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Illustration Rozor

Ils ont perdu la raison, ils ont renié leur personnalité particulière de peuple râleur pour se coucher devant leurs tyrans ; elle attend, résignée, sa mise à mort...

Du milieu des ténèbres de ce lendemain de scrutin signifiant, pour cinq ans au moins, la fin de la démocratie en France, tous les pouvoirs étant entre les mêmes mains, j’ai envie de dire à ceux qui ont fait ce choix tragique pour notre pays :

Vous croyez avoir gagné ? Mais gagné quoi ?

Par votre choix vous avez :

-  Offert un pouvoir sans partage possible, sauf avec les traîtres et les lâches qui ne tarderont pas à rallier vos maîtres ;
-  Condamné les chômeurs à des travaux indignes pour des salaires encore plus indignes ou, s’ils refusent, à la misère, voire à la mort ;
-  Approuvé la chasse aux enfants, la chasse aux jeunes, la chasse aux parents, à tous ces immigrés, pourtant vos frères humains ;
-  Livré la France à une idéologie étrangère et transformé ce pays en « colonie » du régime criminel de Washington ;
-  Signé la fin du « droit du travail », seule et dernière protection des salariés ;
-  Montré votre volonté de faire bâtir des prisons toujours plus nombreuses, livrées à l’avidité du privé ; et par la délation, vous les remplirez de jeunes, vos propres jeunes mais aussi avec ce monde de pauvres que vous détestez ou méprisez tant !
-  Donné votre accord pour deux écoles différentes : l’une pour les pauvres, l’autre pour les riches seuls capables de payer la note ;
-  Accepté la destruction de la sécurité sociale et l’incapacité pour de nombreux nécessiteux de se soigner lorsque la « franchise » sera appliquée ;
-  Choisi de favoriser les riches afin qu’ils soient toujours plus riches et les pauvres toujours plus pauvres ;
-  Par la soumission à l’idéologie américaine, vous êtes prêt à livrer vos enfants et petits-enfants comme chair à canon, uniquement utile pour l’amusement et l’enrichissement de ceux que vous considérez follement comme des « grands » !
-  Condamné toute politique sérieuse en faveur de l’environnement ; le nucléaire va se développer encore plus, tout comme les OGM, tout comme l’industrie automobile et vous participerez à la faim dans le monde parce que vous exigerez des biocarburants pour n’assurer que votre seul confort ;
-  Préparé les germes de guerre civile, ce pouvoir ne connaissant comme politique efficace pour ses intérêts que la destruction de la cohésion nationale comme sociale.

Que faire, à présent ?

Il y a plusieurs attitudes possibles pour ceux qui n’ont pas voulu participer à cette « orgie » électorale bleue. Des attitudes négatives, qui peuvent très bien se comprendre et des attitudes plus positives mais qui ne peuvent en aucun cas avoir des effets positifs rapides.

-  Se désintéresser totalement de la politique politicienne, des partis politiques et autres médias liés à ce monde qui n’a plus le moindre intérêt.

-  Se désintéresser de la politique spectacle mais pas de la politique au sens noble. Oublier, car cela ne sert à rien, la politique nationale qui n’a plus d’autre utilité que de servir les plus puissants, les plus riches. Se concentrer sur notre propre vie, sur notre terrain. Pour tous ceux qui en ont les moyens et surtout la volonté, le seul moyen de ne pas trop souffrir du choix fait hier, c’est de commencer sérieusement à fouiller autour de soi, là où nous habitons, et réfléchir soi-même à toutes les alternatives possibles ; qu’il s’agisse du travail, de l’alimentation, du logement, des banques, des quelques courses indispensables pour vivre, des déplacements, etc.

Il y a toute une série d’éléments de nos vies qui ne dépendent pas du pouvoir.

C’est principalement sur ceux-là qu’il faut, je le crois, s’appuyer pour échapper à la folie ambiante et recouvrer la raison. Plus que jamais, je suis persuadé que lutter contre le type de pouvoir qui nous est imposé par une partie du peuple, c’est lutter au jour le jour, notamment en diminuant notre consommation, donc en supprimant toute la part inutile et abusive, que ce soit en équipements, en alimentation, en médias, en loisirs, etc.

Il nous faut briser les chaînes de l’esprit de consommation si nous voulons avoir une chance de trouver les solutions alternatives nécessaires pour reconstruire une vie qui ait un sens.

Tant que nous serons liés à cet esprit-là, nous serons esclaves de celui qui en est le meilleur promoteur, le nouveau pouvoir, du haut en bas de sa hiérarchie bleue.

Il nous faut aussi rompre avec la chaîne électoraliste.

Comment ne pas comprendre, après les présidentielles puis le premier tour des législatives,

que rien ne peut changer par les élections.

Et d’années en années, ce sera pire, le pouvoir s’ingéniant à multiplier les fausses pistes, les hypocrisies, les mensonges, les manipulations pour que nous ne comprenions plus rien ; voire, en ce sens, la nomination de ministres du genre Kouchner, mais aussi les machines électroniques envers lesquelles il faut être bien naïf pour croire encore qu’elles ne sont pas et ne seront pas manipulées pour obtenir le résultat voulu en haut lieu ; voire aussi et surtout comprendre que les instituts de sondages appartiennent à des alliés précieux du pouvoir et qu’il n’est pas possible de croire en l’honnêteté de ce moyen, si facile et idéal à manipuler.

Si nous voulons avoir une chance de faire renaître la démocratie, mais celle qui a tout son sens, non pas la coquille vide actuelle, il faut tout rebâtir à la base en acceptant de participer à la création et à la vie d’alternatives nouvelles.

Représentent-ils tous les Français ?

Non, et de loin pas ! C’est bien la seule consolation, mais c’est aussi une espérance au cas où des résistances vraiment importantes et vitales devaient avoir lieu au cours des cinq années à venir. Je me suis amusé à faire un petit calcul, que chacun peut vérifier aisément.

Si nous nous contentons d’écouter les discours des politiciens et de leurs serviteurs, oh combien serviles de nombreux médias, nous avons assisté, hier à un « tsunami » bleu, une déferlante incroyable, bref, à les écouter, à un événement historique.

Oui, mais...

Il y a eu 40% d’abstention... ce qui nous ramène, par rapport à 40 millions d’inscrits à 25 millions de votants.

L’UMP plus ses alliés font un peu moins de 42% des suffrages exprimés.

Ce qui, au total, fait un peu moins de 12 millions d’électeurs pour la majorité « historique » !

C’est donc une minorité de 20% de la population française globale (environ 60 millions de citoyens) qui va imposer l’extrémisme de droite en politique à l’énorme majorité des citoyens.

Qui a parlé de démocratie ?

Pour un parti et son chef qui voulaient représenter tous les Français, c’est fort mal parti, en dépit du débauchage des plus faibles caractères de l’opposition...

Conclusion

A tous ceux qui ont choisi de nous imposer ce pouvoir d’extrême droite, et qui mépriseront notre volonté vitale de construire des alternatives, j’ai envie de dire :

Riez, riez, mais riez vite !

Les larmes, la misère et peut-être le sang viendront plus vite que vous ne l’imaginiez...

source : Altermondelevillage

Jean Dornac