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Yasmin Lévy : un moment de grâce (vidéo)

4 juin 2007

par torpedo





La Alegria Yasmine Lévy
envoyé par eglantinezoe



Le ladino a survécu à cinq siècles d’éparpillement des Juifs chassés d’Espagne. Cette forme archaïque de l’espagnol s’est perpétuée au sein des communautés installées dans l’ancien empire ottoman, notamment à Smyrne (Izmir), Constantinople (Istanbul), Salonique (Thessalonique), Jérusalem et d’autres villes du pourtour méditerranéen. Légèrement altéré de mots hébreux et de termes empruntés aux langues des pays d’accueil, surtout le turc, le ladino a perdu de nombreux locuteurs au cours du XXe siècle. Un regain d’intérêt pour cette langue “en danger” s’est manifesté depuis deux décennies.

Yitzak Levy, feu le père de Yasmin, consacra une partie de sa vie au collectage des chansons, “romansas” (ballades poétiques et dramatiques) et “kantigas” (chansons lyriques), à travers le monde.

Très jeune, sa fille les a chantées, puisant dans les quatorze recueils qu’il a réalisés.

Son premier album, “Romance & Yasmin” (Connecting Cultures, 2004), est dédié à ce beau répertoire, riche et tout en douceur.

Mais avec “La Juderia” se découvre la personnalité flamboyante de cette jeune femme de 27 ans. Sa voix ressemble à ces chevaux purs-sangs s’enivrant de galops lâchés dans la nature. Sur les “palos” du flamenco, elle laisse libre cours aux cavalcades échevelées de ses passions.

Si elle garde en mémoire la culture d’autrefois, son regard porte au loin, vers les générations futures.

C’est à elles qu’elle pense en mariant au flamenco la chanson ladino. C’est à la réconciliation entre Chrétiens, Maures et Judéo-espagnols, dans une Andalousie future qu’aspire cette fille de Jérusalem.

Et sa musique convaincante pourrait faire des merveilles...

François Bensignor [22/11/2005] SOURCE

site officiel de Yasmin Lévy

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