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Elections Présidentielles 2007 : J-10 : le vote inutile

12 avril 2007

par Serge Rivron

(JPEG) La dernière semaine de campagne arrive et avec elle, vraisemblablement, une nouvelle succession d’appels au "vote utile".

Jamais depuis longtemps l’ignoble appel au "vote utile" aura autant marqué une campagne présidentielle en France. C’est assurément le vote le plus bête et le plus moutonnier qui soit, puisqu’aussi bien chaque candidat peut à son tour y appeler, et que ceux qui pensent efficace de s’y abandonner se positionnent comme les premiers dindons d’une farce politico-médiatique que chacun ne cesse de dénoncer et dont tout le monde voit bien que la France souffre chaque fois un peu plus.

Pourtant, ce contre-vote, ce rebut de vote, dont la justification est à l’exact antipode de la raison citoyenne fondatrice de la pensée démocratique, ce déchet de vote uniquement fondé sur la peur, est en passe de triompher. Que veulent dire, en effet, ces sondages de plus en plus cohérents, et qui montrent d’une part que les deux poussahs médiatiques rassembleraient plus de 55%, lorsque d’autres sondages, tout aussi nombreux et cohérents, montrent que les programmes desdits poussahs sont jugés "peu réalistes", "incohérents", "démagogiques", "sans vraie vision"... ?

Quand la personnalité des mêmes et toujours poussahs est très majoritairement traitée de "faible", de "maniaque", d’"inculte", de "dissimulatrice"... ?

De surcroît, on ne peut même plus justifier ce "vote utile" par rapport au repoussoir Le Pen.

D’une part, Le Pen n’a pas l’air de menacer grand monde au premier tour, et surtout pas celui qui serait contre lui au second si par incroyable ça devait recommencer comme en 2002.

Surtout, Sarkozy et Royal ont tenu tout au long de la campagne un discours largement autant, sinon plus vichyste que celui du vieux leader frontiste.

Dans ce contexte, le seul résultat du "vote utile", s’il a bien lieu, sera de montrer que la France est encore plus indécrottablement conservatrice que jamais.

Un signe fort, n’en doutons pas, qui justifiera cinq ans d’immobilisme supplémentaire.

-  Source : FrancemoinsJ

Serge Rivron