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e-torpedo-le webzine sans barbelés
Le froid m’indiffère
article de 1997
par l’Atèle

21 janvier 2007

par torpedo

(JPEG) Extrait de : Et pourtant ils existent ! 1954-2004 le Monde libertaire a 50 ans Le cherche midi éditeur 18€

(le monde libertaire n°1065, 2 janvier 1997)

Comme tous les ans, le froid a tué de pauvres gens et la presse de vouloir me faire pleurer sur la cruauté du climat que l’on dit tempéré.

Même, un ministre arpenterait les rues de la capitale pour se rendre compte des méchancetés qu’inflige l’hiver aux pauvres.

Les assistants et assistantes sociaux, les keufs, les toubibs font aussi le trottoir et nous servent un discours minable qui me déchire les neurones. A les écouter, si des femmes et des hommes meurent de froid, c’est parce-qu’ils le veulent... Ils refusent de les suivre dans des foyers d’accueil, ne se rendent pas compte du risque qu’ils prennent, sont trop désocialisés, etc...

-  Mais, nom d’un acrobate en buis, qu’est-ce qu’ils veulent nous faire croire ?

-  Et qu’est-ce qu’ils veulent bien y comprendre ?

-  Où quelqu’un qui est privé de maison, de nourriture, d’argent et de respect par une société où prédominent la publicité et le CAC 40 trouverait-il quelque raison de faire confiance à ces curés de la normalité ?

Il a bon dos, l’hiver ! Ce n’est pas lui qui tue ces gens !

Ce qui les tue, c’est la dernière pub pour "auto-censuré" qui leur vente le mérite de "auto-censuré" et les incite à se couler dans le moule alors même que le moyen de le faire leur est refusé par ceux qui, comme par hasard, produisent ces fameux "auto-censuré".

Alors, ne sachant plus ou sachant trop la vanité de leur état, noyés sous l’absurde et le mercantile ambiant, ils meurent...Un peu tôt ou trop tard, ce n’est qu’affaire de point de vue. Et un point de vue, aujourd’hui, c’est l’angle de la caméra, la prise de vue qui aura l’heure du journal de 20 heures. Naguère, les premiers films étaient projetés par les forains et voulaient nous ouvrir au monde, aujourd’hui, ils le sont par des marchands de soupe qui voudraient nous enfermer dans nos studios...Et puis, si ces esclaves n’existaient pas, aurions-nous aussi peur de sortir de notre esclavage ?

Moi, quand je croise la charogne d’un clodo, j’ai honte d’avoir la télé à la maison.

torpedo