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CPE : Le mépris des esprits butés...

Catégorie société
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(JPEG) L’affaire du CPE devient un concentré du mépris infligé par le pouvoir au peuple français depuis 2002. Aucune capacité ni aucune volonté d’écoute ! Ses décisions et rien d’autre ! C’est la conception de la démocratie selon l’UMP et ses soutiens patronaux.

Oh, je sais, certains visiteurs, ici ou là, vont penser et dire que Dornac en est encore au stade de l’analyse marxiste...

Dommage que ceux qui pensent cela soient totalement aveuglés par l’idéologie néolibérale ou endoctrinés par la bêtise manipulatoire télévisuelle...

Confondre révolte, révulsion contre l’injustice et la volonté de destruction du droit du travail avec le dogmatisme idéologique est une sorte de strabisme gravissime en politique.

C’est donc le choix de l’entêtement qu’ont fait, en cœur, le Président, le Premier ministre, l’ensemble du gouvernement, les députés UMP ainsi que tout logiquement, la patronne des patrons.

Il s’agit de l’intérêt vital de tous ces gens ; tant au niveau de l’orgueil lié au pouvoir qui induit l’incapacité de reconnaître les erreurs, qu’au niveau des intérêts financiers à l’égard des fortunes à ramasser sur le dos des « nouveaux misérables »...

-  De Berlin, le Président a dit ceci : « Il va de soi que je soutiens totalement et sans réserve l’action conduite par le Premier ministre et par le gouvernement français, notamment en ce qui concerne ce problème si délicat auquel tous les gouvernements européens sont confrontés et qui est celui de l’intégration des jeunes, l’emploi des jeunes. »

Outre le fait que le Président pourrait, d’ici quelque temps, changer d’avis, cela s’est vu il y a quelques années, il y a le refus de considérer et reconnaître que le problème est idéologique et au seul service des intérêts économiques, en laissant entendre très lourdement, que s’il y a un problème « jeunes en Europe », c’est de leur seule responsabilité par une soi-disante incapacité de s’intégrer au modèle choisi pour eux. Ce discours, à l’analyse totalement fausse, ne passera pas auprès des jeunes et notamment auprès des étudiants.

-  A l’Assemblée nationale, le Premier ministre n’a pu que répéter ce qu’il avait servi aux téléspectateurs qui ont bien voulu l’écouter, dimanche soir dernier :

« Pourquoi est-ce que nous nous engageons, nous, le gouvernement et la majorité tout entière ? Parce que le CPE est un contrat utile, qu’il va créer des emplois pour les jeunes en difficulté. »

C’est une affirmation douteuse. Ce contrat ne créera pas d’emplois. Sauf à considérer qu’un employé est logiquement une marchandise jetable dans les deux années qui suivent son embauche. Il serait temps que l’on définisse à nouveau, et de façon très précise, en ayant les droits de l’homme en tête, ce qu’est un emploi. Cela est vrai tant pour les jeunes que pour tous les autres. Un emploi précaire lié à un salaire de misère ne permettant pas de vivre dans une société où tous les besoins de base, santé, logement, nourriture, connaissent des prix de plus en plus prohibitifs, ne peut pas être nommé sérieusement « emploi ».

Le CPE (tout comme le CNE, d’ailleurs) n’est qu’un « machin » très utile pour sortir les salariés, jeunes et autres, des statistiques du chômage, seule chose qui importe vraiment à nos politiciens de tous bords ; ce n’est qu’un voile épais permettant de cacher la réalité de la misère qu’imposent tous les pouvoirs aux peuples trahis ; et ce n’est qu’un outil d’exploitation accentuée, au seul profit des entreprises et de leurs actionnaires.

-  Le Président de l’Assemblée, qui aimerait bien voir la sortie de « crise », se dit convaincu que l’on peut améliorer le projet :

« On peut améliorer, corriger un texte voté, par des amendements ou un dépôt d’un nouveau projet de loi, qui va modifier un certain nombre de dispositions. »

Cette réaction, ajoutée à quelques autres de même nature venant de la « majorité », montre un certain désarroi dans les rangs de l’UMP.

Certes, ils se disent tous solidaires, tous soutenant le projet du gouvernement. Mais, n’importe quel député, s’il écoute un tant soi peu sa « base », pour autant que celle-ci ne réside pas à Neuilly, sait qu’avec de tels remous dans le pays, son siège commence à vaciller...

Et puis, amender, corriger un projet comme le CPE, ne changera pas sa nature, puisqu’il s’agit avant tout de livrer la jeunesse, une grande part d’entre elle à tout le moins, à la voracité du monde des affaires et du monde patronal.

-  Nicolas Sarkozy, qui ne sait pas se taire, ajoute sa pique. En toute logique, elle n’est qu’une manœuvre de division, une de plus, à la fois envers le gouvernement et envers le peuple :

« Ordre sans violence. Fermeté sans rigidité. Il ne faut pas rompre le fil du dialogue avec la société... »

Nous n’avons pas la même conception de la violence.

Pour lui, visiblement, le tabassage effectué par les forces policières et militaires contre les étudiants, que ce soit à l’intérieur de la Sorbonne, il y a quelques jours, ou hier dans les alentours de la même Sorbonne, ce n’est pas de la violence !

Pour lui, imposer un contrat destructeur de tout sens social, ce n’est pas de la violence !

Mais qu’est donc la violence, aux yeux de Nicolas Sarkozy ?

Quant au « dialogue avec la société », c’est presque une insulte.

Il n’y a plus le moindre dialogue avec nous depuis 2002, depuis que Jacques Chirac a trahi les aspirations du peuple à écarter le fanatisme d’extrême droite. Il y a tout juste dialogue entre les gens ayant les mêmes intérêts, et c’est tout. Le reste du peuple est méprisé, rejeté et jamais écouté.

-  De nombreux membres de l’UMP jouent le mépris et la manipulation.

Ils lancent partout sur les ondes et le papier, l’idée que le mouvement est animé par l’extrême gauche, pour ne pas dire les « gauchistes », les « maoïstes » ou les « trotskistes ». Ces messieurs se trompent d’époque.
-  Peut-être est-ce notre chance, qui sait ?
-  Tant qu’ils feront des analyses aussi erronées, ils s’enferreront dans leurs erreurs et s’approcheront de la fin de leur pouvoir.

-  L’une des réactions les plus « amusantes » vient de Mme Parisot, patronne des patrons. Lu sur Yahoo.com :

« Devant cette montée des périls, la présidente du Medef, Laurence Parisot, s’est efforcée de proposer une issue en appelant à une réforme globale du marché du travail. »

Il n’y en a jamais assez pour ce genre de personnage. Non seulement, ils ne reconnaissent pas leurs erreurs, non seulement ils ne reconnaîtront jamais leur farouche volonté d’abuser des salariés et de façon de plus en plus perverse et sauvage, mais de plus ils veulent la destruction définitive de toute notion de droit lié au travail.

Ce qu’elle ne comprend pas, cette « digne dame », c’est qu’elle nous mène droit vers la révolution et, hélas, avec une violence décuplée par la haine semée depuis tant d’années dans le cœur d’une population exploitée, spoliée de tout, et méprisée de surcroît...

-  Devant tant de mépris, de refus d’écouter la voix de la raison, les étudiants, eux, bougent et se révoltent.

Voici ce qu’en disait un communiqué de l’AFP, hier soir :
-  « A 18h30, c’est une foule d’environ 2.000 à 3.000 personnes qui entrait sur la place de la Sorbonne où de nouveaux incidents, plus violents, éclataient avec les CRS, qui ont immédiatement dégagé la place en tirant plusieurs grenades lacrymogènes, noyant les lieux dans un épais nuage de fumée bleue.

-  A 20h30, les incidents se poursuivaient, non seulement avec la frange la plus radicale des étudiants et des lycéens, mais également avec une centaine de manifestants d’extrême droite venus faire le coup de poing contre les protestataires anti-CPE. AP »

Ici, on voit l’alliance objective entre la droite extrême représentée par Nicolas Sarkozy et l’extrême droite hargneuse et haineuse par nature. On peut, on doit craindre les provocations de ces deux extrêmes de même nature dans les jours à venir. Ces deux groupes ne sont « amoureux » que de la force, de leur conception de l’Ordre, de tout ce qui est l’exacte inverse de la liberté et de la beauté.

Pour les manifestations à venir, il faudra être vigilant et prudent face aux provocations inévitables...

Il serait bon d’avoir partout en mémoire ce qui s’est passé début mars, l’an dernier à Paris, lors de la manif des lycéens...

-  Enfin, pour la touche comico-tragique, lisez ce que dit Gilles de Robien :

« On ne peut admettre qu’une minorité empêche de suivre les cours. »

-  Pourquoi comique ?

Parce que le pouvoir qu’il représente est plus que minoritaire en France. Il représente au mieux entre 15 et 20% des votants...

-  Pourquoi tragique ?

C’est cette minorité-là qui a la prétention d’imposer à tout le pays la destruction du droit du travail, qui a le culot de vouloir faire des jeunes, les esclaves de demain !

-  En conclusion :

Si ce pouvoir s’entête encore, nous allons vers une explosion sociale majeure. Pour qui sait écouter les gens, la haine est grande dans les cœurs ; trop de souffrances finit par pousser à ces extrêmes. Les souffrances et les humiliations durent depuis trop longtemps pour que, cette fois, les victimes n’aillent pas au bout de leur libération.

Reste, que si je souhaite, moi aussi, cette libération, je ne peux qu’espérer que de nombreuses voix, parmi nous, appelleront à refuser la violence, en tout cas dans nos rangs. Certes, nous ne pouvons pas espérer la même intelligence humaine venant du pouvoir. Mais si nous rejetons la violence, alors, j’en suis convaincu, nous l’emporterons. Il faudra être patients et inventifs, mais, ça, ce n’est pas un drame, au moins.

-  source : altermonde.Levillage



Publié le 15 mars 2006  par Jean Dornac


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